TRISSOTIN, PIIILAMINTE, ARMANDE, BÉLISE, HENRIETTE
TRISSOTIN
A mon emportement ne donnez aucun blâme: C'est votre jugement que je défends, Madame, Dans le sonnet qu'il a l'audace d'attaquer.
PHILAMINTE
A vous remettre bien* je me veux appliquer. Mais parlons d'autre affaire'-'. Approchez. Henriette. Depuis assez longtemps mon âme s'inquiète De ce qu'aucun esprit en vous ne se fait voir, Mais je trouve un moyen de vous en faire avoir.
HENRIETTE
C'est prendre un soin pour moi qui n'est pas nécessaire: Les doctes entretiens ne sont point mon affaire; J'aime à vivre aisément 3, et, dans tout ce qu'on dit, H faut se trop peiner pour avoir de l'esprit. C'est une ambition que je n'ai point en tête; Je me trouve fort l)ien, ma mère, d'être bête, Et j'aime mieux n'avoir que de communs propos, Que de me tourmenter pour dire de beaux mots.
défi lancé par Vadius, il semble un souvenir de l'Épitre 11 deBoileaii, où nous lisons :
J'entends déjà d'ici Linière furieux,
Qui m'appelle au combat sans prendre un i)lus long terme,
De l'encre, du papier! dit-il : qu'on nous enferme!
Voyons qui de nous deux, plus aisé dans ses vers,
Aura plus tôt rempli la page et le revers!