‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 686 sur 744 · SCÈNE PREMIÈRE ARMA^DE, PIIILAMIME · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE ARMA^DE, PIIILAMIME

AP.MAXDE.

Oui, rien n'a retenu son esprit en balance':

Elle a iait vanité de son obéissance.

Son cœur, pour se livrer, à peine devant moi

S'est-il donné le temps d'en recevoir la loi-,

El semblait suivre moins les volontés d'un père,

Qu'airecter de braver les ordres dune mère.

rHILAMINTK.

Je lui montrerai bien aux lois de qui des deux Les droits de la raison soumettent tous ses vœux, Et qui doit gouverner, ou sa mère ou son père. Ou l'esprit ou le corps, la l'orme ou la matière'.

Ali.MANDE.

On vous en devait bien au moins un compliment * ;

1. Rien n'a fait hésiter son esjirit, quand on lui a parii' de conlraricr vos desseins en épousant Clitandre.

2. La loi, l'ordre : son impatience à désobéir à sa mère a devancé la loi que lui dictait Clirysale.

5. La forme ou la matière : dans le lan^'age de la scolastique, on appelle /br/«e substantielle, ou simplement /'or/wt', le principe distinct qui donne leur manière d'être aux choses, leurs attributs. I-os Précieuses comme Philaminte semblent employer ces termes de l'école sans en bien connaître le sens. C'est ainsi que Cathos dit à Mag'delon : 0 Mon Dieu ! ma chère, que ton père a la forme enfoncée dans la matifcre, que son intelligence est épaisse et qu'il fait sombre dans son àme ! » (Les Précieuses ridicules, se. v.)

4. Un compliment, une excuse : on devait faire auprès de vous une démarche de politesse pour vous informer que vos intentions étaient méconnues.

82i LES FEMMES SAVANTES.

El Ci' |iolil Monsieur t'ii use élrangenieiil. De vouloir nialgrù vous (ievonir votre gendre.

PUU.AMINTK.

Il n'en est pas encore où son rœur j)cut prétendre. Je le trouvais bien fait', et j'aimais vos amours; Mais dans ses procédés il m'a déplu toujours. Tl sait (|ue, Dieu merci, je nie mêle d'écrire, Et jamais il ne m'a prié" de lui rien lire.

Page 1