ACTE IV, SCÈNE II
CLITANDRE
Appelez-vous, Madame, une infidélité
Ce que m'a de votre âme ordonné la fierté '?
Jo ne fais qu'obéir aux lois qu'elle m'impose ;
Et si je vous offense, elle seule en est cause.
Vos charmes ont d'abord possédé tout mon cœur;
Il a brûlé deux ans d'une constante ardeur ;
11 n'est soins empressés, devoirs, respecta, services-,
Dont il ne aous ai fait d'amoureux sacrifices '.
Tous mes feux, tous mes soins ne peuvent rien sur vous;
Je vous trouve contraire à mes vœux les plus doux.
Ce que vous refusez, je l'offre au choix d'un antre.
Voyez : est-ce. Madame, ou ma faute, ou la vôtre'?
Mon cœur court-il au change*, ou si vous l'y poussez^'?
Est-ce moi qui vous quitte, ou vous qui me chassez"?
AU.MANDK.
Appelez-vous, Monsieur, être à vos vœux contraire,
Que de leur arracher ce qu'ils ont de vulgaire,
Et vouloir les réduire à cette pureté
Où du parfait amour consiste la beauté?
Vous ne sauriez pour moi tenir votre pensée
Du commerce des sens nette et débarrassée?
Et vous ne goûtez point, dans ses plus doux appas,