ACTE I
L'Z-. aS5 MfSS esmwrtp ircnâ.
AlîlSTE.
Grand niei'ci : le compliment est doux.
SGANARELLE
Jo voudrais bien savoir, puisqu'il faut tout entendre, Ce que ces beaux censeurs eu moi peuvent reprendre.
ARISTE
Cotte farouche humeur, dont la sévérité
Fuit toutes les douceurs de la société,
A tous vos procédés inspire un air bizarre.
Et jusques à l'habit, vous rend chez vous barbare.
SCA.NARELLE.
Il est vrai qu'à la mode il faut m'assujettir.
Et ce n'est pas pour moi que je me dois vêtir!
Ne voudriez-vous point, p;u^ vos belles sornettes.
Monsieur mon frère aine (car, Dieu merci, vous l'êtes
D'une vingtaine d'ans, à ne vous rien celer,
Et cela ne vaut point la peine d'en parler),
Ne voudriez-vous point, dis-je, sur ces matières.
De vos jeunes muguets* m'inspirer les manières?
M'obliger à porter de ces petits chapeaux *
Oui laissent éventer levirs débiles cerveaux,
Et de ces blonds cheveux', de qui la vaste entlure
laquelle s'ouvre le Misanthrope : même science dans la peintuio des caractères, qu'éclaire la vive lumière des contrastes.
1. Muguets, les jeunes gens à la mode, ceux que Sganarelle appelleia plus loin les damoiseaux. Ce mot parait venir d'un parfum longtemps h la mode, l'essence de muguet; comme marjolet, qui a le même sens, parait dérivé de marjolaine, et muscadin des pastilles de musc que mâchaient les élégants. Muguet comme damoiseau semble avoir été di'jà suranné au temps de Molière ; mais cet archaïsme de langage est bien placé dans la bouche de Sganarelle.
2. « Son chapeau était si petit, dit Mlle Desjardins dans sa descrijition du costume du marquis de Mascarille, qu'il était aisé déjuger que le marquis le portait bien plus souvent dans la main que sur la tête. »
3. Voyez aussi j). 63, note i, ce que Mlle Desjardins dit de la perruque de Ma.^carille.