ACTE I, SCÈNE I
Des visages humains oITusque la figure*?
De ces petits pourpoints ^ sous les bras se perdants,
Et de ces grands collets jusi|u'au nonihril pendants^?
De ces manches qu'à table on voit tàter les sauces*,
Et de ces cotillons appelés haufs-de-chausses^?
De ces souliers mignons, de rubans revêtus,
Qui vous font ressembler à des pigeons pattus"?
Et de ces grands canons' où, comme en des entraves,
On met tous les matins ses deux jambes esclaves,
Et par qui nous voyons ces Messieurs les galants
Marcher écarquillés ainsi que des volants®?
Je vous plairais, sans doute, équipé de la sorte
Et je vous vois porter les sottises qu'on porte.
ARISTE
Toujours au plus grand nombre on doit s'accommoder, El jamais il ne faut se faire regarder.
1. Sous lesquels on a de la peine à distinguer, à reconnaître l'apparence {la figure) d'un visage humain, car la vue en est troublée, o/ftis- (jiice, comme elle l'est, dans d'autres circonstances, par une lumière éblouissante.
2. Le pourpoint, qui primitivement couvrait le corps du cou jusqu'à la ceinture, avait été raccourci et remplacé par la veste.
3. Pendants : au xvii* siècle, l'accord du participe présent était universellement adopté. Il est devenu incorrect. Vaiigelas se contente de ne pas autoriser l'accord au féminin.
4. La manche du pourpoint n'allait pas jusqu'au pwignet : elle laissait passer des manches de linge, très bouffantes et serrées au poignet.