‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 82 sur 744 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

SGA.\ARELLE.

Je suis votre valet*, mon frère,

ARISTE

La jeunesse Veut....

SGASAP.ELLE.

La jeunesse est solte, et parfois la vieillesse.

AKISTE.

Croyez-vous cpi'elle est- mal d'être avec Léouor?

SGANARELLE

Non pas ; mais avec moi je la crois mieux encor.

ARISTE

Mais....

SGA.\ARELLE.

Mais ses actions de moi doivent dépendre, Et je sais rintérèl enlîn que j'y dois prendre.

ARISTE

A celles de sa sœur ai-je un moindre intérêt?

SGA.NARELLE.

Mon Dieu, chacun raisonne et fait comme il lui plaît. Elles sont sans parents, et notre ami leur père Nous commit 5 leur conduite à son heure dernière, Et nous chargeant tous deux ou de les épouser, Ou, sur notre refus, un jour d'en disposer,

1. Je suis voire valel, mi elliptiquement voLre valet, se dit à quelqu'un quand on ne veut pas faire ce qu'il désire. On eûiploie serviteur dans le même sens.

2. Qu'elle est mal : nous dirions plutôt aujourd'liui qu'elle soil mut. I.a mesure du vers a dû empêcher Molière d'employer le subjonctif, car, avec le verbe croire, la plupart des écrivains du xyii" siècle mettent le subjonctif, même quand la phrase n'est pas interrogative. « Je crois, dit Malherbe, que ce soit une demeure bonne pour toutes les saisons. »

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