h'uir, la manière, la façon dont il faut vivre
fl2 L'ÉCOLE DES MARIS
Que voulez-vous? Je tâche à* conlentcr ses vœux;
Et ce sont des plaisirs qu'on peut, dans nos familles,
Lorsque l'on a du bien, permettre aux jeunes filles*.
Un ordre paternel l'oblige à m'épouser;
Mais mon dessein n'est pas de la tyranniser.
Je sais bien que nos ans ne se rapportent guère',
Et je laisse à son choix liberté tout entière.
Si quatre mille écus de rente bien venants*,
Une grande tendresse et des soins complaisants
Peuvent, à son avis, pour un tel mariage.
Réparer entre nous l'inégalité d'àgc.
Elle peut m'épouser; sinon, choisir ailleurs.
Je consens que sans moi ses destins soient meilleurs;
Et j'aime mieux la voir sous un autre hyménée,
Que si contre son gré sa main m'était donnée.
SCANARELLE.
Hé! qu'il est doucereux! c'est tout sucre et tout miel.
ARISTE
Enfin, c'est mou humeur, et j'en rends grâce au Ciel.
Je ne suivrais jamais ces maximes sévères.
Qui font que les enfants comptent les jours des pères.
SGANARELLE
Mais ce qu'eu la jeunesse on prend de liberté Ne se retranche pas avec facilité;
1. Tâcher à, qni ne se dirait plus gaiere au.iourd'hui, était plus frécinemment employé au xvii" siècle que tâcher de :
Elle oppose ses pleurs au dessein que je fais Et tâche à m'empêcher de sortir du palais.
(Polyeucte, acte I, se. i.)
2. U semble qu'ici Molière se soit souvenu des Adelphes : « Grâces aux dieux, dit Micion, j'ai de quoi subvenir à cette dépense, et jusqu'à ce jour elle ne m'incommode pas ».
3. Ne se rapportent guère, n'ont pas de conformité entre eux.
■i. Bien venants, d'une rentrée facile et sûre. Sur l'accord du participe voyez p. 85, ncte 5.