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SCÈNE II : ALBERT, AGATHE, LISETTE

ALBERT, à part.

J'ai fait dans mon château, toute la nuit, la ronde. Et dans un plein repos j'ai trouvé tout le monde.

I. Cette scène est inspirée de Molière, V Amour tiUtUsin (a. I, se, ix), ■— 3. BMtn l'esttad* : aller à la découverte.

Pour mieux des ennemis rendre vains les efforts.

J'ai voulu même encor m'assurer des dehors.

Grâce au ciel tout va bien. Une terreur secrète,

En dépit de mes soins, cependant m'inquiète.

Je vis hier rôder un certain curieux,

Qui de loin, ce me semble, examinait ces lieux.

Depuis plus de six mois ma lâche complaisance

Met à chaque moment en défaut ma prudence ;

Et, pour laisser Agathe à l'aise respirer.

Je n'ai, par bonté d'âme, encor rien fait murer.

Ce n'est point par douceur qu'on rend sages les filles* ;

Je veux, du haut en bas, faire attacher des grilles.

Et que de bons barreaux, larges comme la main.

Puissent servir d'obstacle à tout effort humain.

Mais j'entends quelque bruit ; et, dans le crépuscule.

J'entrevois quelque objet qui marche et qui recule.

Approchons. — .Qui va là.' — Personne ne répond.

Ce silence affecté ne me dit rien de bon.

LISETTE, bas.

Je tremble.

ALBERT

C'est Lisette : Agathe est avec elle.

AGATHE

Est-ce donc vous, monsieur, qui faites sentinelle?

Oui, oui, c'est moi, c'est moi. Mais, à l'heure qu'il est. Que venez-vous chercher en ce lieu, s'il vous plaît?

AGATHE

De dormir ce matin n'ayant aucune envie, Lisette et moi, monsieur, nous avons fait partie* D'être devant* le jour sous ces arbres épais. Pour voir naître l'aurore et respirer le frais.

LISETTE

Oui.

I. Comparer à Molière, l'Ecole des maris (a. I, se. n). — 2, Paire part* : projîter comms d'strac;io«i. — 3. DevMU : avant.

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