ACTE PREMIER
Voilà tout à la fois cinq ou six incidents Capables d'étourdir les plus habiles gens.
LE CHEVALIER
Nous ferons tête à tout ; et de cette aventure Je conçois dans mon cœur un favorable augure.
VALENTIN
Soixante mille écus nous feraient grand besoin.
LE CHEVALIER
Il faut, pour les avoir, employer notre soin.
Ils sont à moi, du moins, tout autant qu'à mon frère :
Mais il faut déterrer le frère et le notaire.
Va, cours, informe-toi ; ne perds pas un moment.
VALENTIN
Vous connaissez mon zèle et mon empressement ;
Et s'il est à Paris, j'ai des amis fidèles
Qui, dans une heure au plus, m'en diront des nouvelles.
LE CHEVALIER
Je vais chez Araminte, elle sait mon retour ; Il faudra feindre encor que je brûle d'amour. Elle n'a nul soupçon de ma nouvelle flamme. Tu sais le caractère et l'esprit de la dame : Elle est vieille, et jalouse à désoler les gens ; Ses airs et ses discours sont tous impertinents ; Enfin c'est une folle, et qui veut qu'on la flatte : Quoiqu'un rayon d'espoir pour mon amour éclate, Incertain du succès, je la veux ménager. Retourne à la douane, au coche, au messager. Mais Araminte sort. Va vite où je t'envoie. [Valentin emporte la malle et sort.)