‹ Théatre choisiChapitre 10 sur 496 · DANCOURT. XXXI · texte numérisé non relu

DANCOURT. XXXI

passions et des caractères des personnages.l L'éloge est vrai. Mais ce n'est pas le premier mérfte de cette excellente comédie. Si nous la lisons encore avec plaisir, si elle a surnagé presque seule de tout le théâtre de Dancourt, c'est que Fauteur n'y a pas seulement raillé des travers particuliers à son , époque : il a vu plus loin ; il a touché des vices et des ridicules, qui sont de tous les ; temps. Nous n'avons pas absolument besoin, pour comprendre les personnages, qu'il met en scène de nous reporter aux premiers jours du xvm® siècle : nous connaissons tous les types qu'il a essayé de peindre.

Qu'a-t-il voulu nous représenter dans le Chevalier à la mode ? D'un côté, la veuve d'un financier qui prétend acheter avec son argent un joli homme et un rang à la cour; de l'autre, un libertin (nous dirions aujourd'hui : un alpkonsé)^ qui déshonore sa noblesse par ses vices, et qui veut tirer parti de ses grâces pour attraper et ruiner une vieille folle. Une bonne moitié de ce tableau est dans les mœurs générales de tous les pays et de tous les 4^^s; partout il arrive qu'un jeune débauché fasse tourner la tête à de vieilles folles.

Qu'est-ce qu'il y a, se demande Geoffroy, de très particulier au siècle de Louis XIV ? C'est l'empire de la noblesse même, pauvre, sur la richesse roturière ; c'est ce préjugé qui attachait alors le bonheur à un vain titre, au droit d'aller s'ennuyer et ramper à la cour ; c'est l'ascendant extraordinaire des gens de

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