‹ Théatre choisiChapitre 13 sur 496 · XXXIV DANCOURT · texte numérisé non relu

XXXIV DANCOURT

second ordre, si ces mots ne hurlent pas de se voir accouplés.

Vous aurez, sans doute, plaisir à le lire; vous y trouverez comme en raccourci tout le talent et tout Tesprit de Dancourt. Puis vous pourrez ouvrir le volume au hasard; il n*y a pas une de ces petites pièces où vous ne rencontriez quelque trait de mœurs spirituelle - [ment croqué ; quelques saillies de bonne et ! franche gaieté.

Mais tout cela est éventé, et c'est à peine s'il s'en exhale un léger parfum, comme des fleurs séchées dans un livre. C'est qu'il en est du vaudeville comme de l'article du journal : 11 amuse un jour les contemporains , tout le monde en parle sur le boulevard ; c'est un petit chef-d'œuvre, c'est un bijou exquis. Deux jours après il n'est pas plus question du bijou et du chef-d'œuvre, que s'ils n'avaient jamais existé. Combien des légers croquis, des aimables pochades de Meilhac, de Sardouet de Labiche tombent déjà dans l'oubli. C'étaient les Dancourt de leur temps , des Dancourt affinés par deux siècles d'expérience, et visant plus haut parce qu'ils avaient affaire à public plus blasé.

Dancourt avait cet avantage de parler aisé- / ment une langue qui était excellente. Le style ne s'élève guère chez lui : il n'est pas de qualité supérieure ; c'est du bon style courant de conversation,, dans un temps où tout le monde parlait naturellement bien. Il n'a pas, comme

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