MADAME PATIN, LE CHEVALIER, LISETTE
CRISPIN
MADAME PATIN
Ah ! ah ! Monsieur, vous voilà de bien bonne humeur, et je ne sais vraiment pas quel suyet vous croyez avoir de vous tant épanouir la rate.
LE CHEVALIER
Je vous demande pardon , Madame ; mais, je suis encore tout rempli de la plus plaisante chose du monde. Vous vous souvenez des vers que je vous ai tantôt donnés ?
MADAME PATIN
Oui, oui, je m'en souviens, et vous vous en souviendrez aussi, je vous assure.
Si je m'en souviendrai^ Madame ! ils sont cause d'un incident, dont j'ai pensé mourir à force de rire, et je vous jure qu'il n'y arien de plus plaisant.
MADAME PATIN
Où en est donc le plaisant. Monsieur ?
LISETTE
Voici quelque pièce nouvelle.
LE CHEVALIER
Le plaisant? Le plaisant. Madame, est que quatre ou cinq godelureaux se sont fait honneur de mes vers. Comme vous les avez applaudis, je les À
ai crus bons, et je n'ai pu m'empêcher de les dire à quelques personnes. Je vous en demande pardon. Madame, c'est le faible de la plupart des gens de qualité qui ont un peu de génie. On les a retenus, on en a fait des copies, et en moins de deux heures, ils sont devenus vaudevilles.
CRISPIN, bas.
L'excellent fourbe que voilà !
LISETTE, bas.
Où veut-il la mener avec ses vaudevilles?