SCÈNE III
ÉRASTE
Elle est sensible à ma tendresse, et j'obtiens d'elle la permission de la demander en mariage.
l'olive.
Tout allait fort bien jusque-là.
ÉRÂSTE.
Je propose la chose à mon père.
l'olive.
Ici, cela commence à mal aller.
ÉRASTE
Il refuse d'y consentir.
l'olive.
Il y a de la malice dans son fait; car de raison, il n'y en a point.
ÉRASTE
Désespéré de ses refus, je me jette aux pieds d'Angélique ; je la conjure de sortir du couvent, et de m'épouser en secret.
l'olive.
Sans la crainte de sa mère, c'était une affaire faite; mais ce sont d'incommodes personnes que ces mères, et surtout, quand les filles sont timides.
ÉRASTE
Enfin, outré de rage et de désespoir, je vais en Italie, attendre le moment favorable de pouvoir disposer de moi, sans le consentement de mon père.
Ce moment favorable est venu, vous voilà majeur; et c'est grand dommage que vous ne trouviez plus votre msUtresse.
ÉRASTE
Qu'est-elle devenue, mon pauvre l'Olive ?
l'olive.
Ne vous l'a-tron pas dit? Sa mère l'a fait sortir du couvent, sans lui donner le temps de dire adieu à personne. On l'a vue depuis dans ce quartier, et peut-être y demeure-t-elle.
ÉRASTE
Je ne serai point assez heureux pour l'y rencontrer.
l'olfnte.
Pourquoi non ? Il est bon de n'avoir rien à se reprocher. Ça, voyons, par où commenceronsnous?
ÉRASTE
Demeure ici, promène-toi aux environs de ce quartier, et tâche d'apprendre des nouvelles^ par le moyen de quelques personnes du voisinage.
l'olive.
Laissez-moi faire.
ÉRASTE
Pour moi , je retourne au couvent m'informer encore de quelques particularités que mon trouble et mon chagrin m'ont fait oublier de demander.
l'olive.
. Vous attendrai-je ici ?
ÉRASTE
Si tu découvres quelque chose, viens au plus vite me le dire.