‹ Théatre choisiChapitre 431 sur 496 · MAROTTE, COLETTE, LOUISON · texte numérisé non relu

MAROTTE, COLETTE, LOUISON

HAROTTK.

Ma chère cousine, ne savez- vous point à qui en a ma mère?

COLETTE

Comment à qui elle en a?

Elle est de la plus mauvaise humeur du monde.

COLETTE

Eh ! depuis quand donc?

MAROTTE

Depuis tout à l'heure. Je ne l'ai jamais vue si grondeuse, et si, elle ne l'est quelquefois pas mal, ' comme tu sais.

COLETTE

Vous a-t-elle querellées?

LOUISON

Comment, querellées! Il n'a tenu qu'à nous d'être battues ; elle était en bonne disposition pour cela.

COLETTE

Et pas une de vous deux ne devine pourquoi?

MAROTTE

Je m'en doute un peu, moi, cousine.

LOUISON

Je soupçonne aussi quelque chose.

COLETTE

Eh bien! que soupçonnez- vous? de quoi te doutes-tu ?

C'est qu'en dansant tantôt ici, Monsieur Giflot n'a fait que me parler.

COLETTE

Le erand malheur ! Est-ce d'aujourd'hui qu'il te parle? Ce n'est pas cela. Marotte.

MAROTTE

Oui, mais en s'en allant, il m'a baisé la main, et je l'ai laissé faire par mégarde, en songeant à autre chose, et ma mère l'aura vu, peut-être.

COLETTE

C'est quelque chose que cela. Et que soupçonnestu, toi? dis, cousine?

LOUISON

Eh ! mais à peu près la même chose.

COLETTE

Et tantôt aussi...

LOUISON

Oui, je crois ; Monsieur de Lépine n'a cessé de me faire des mines, et je lui en faisais aussi, moi, pour le contrelwre; on s'accoutume à cela, c'est une habitude.

COLETTE

11 n'y a pas grand mal à faire des mines, et ma tante n'est pas femme à s'effaroucher de ces bagatelles.

Oui, mais c'est que ma jarretière s'est défaite, il a voulu me la rattacher, et moi qui n'aime pas la dispute...

COLETTE

Et pour éviter la peine de te baisser...

LOUISON

Il faut que ma mère se soit aperçue de cela.

COLETTE

Oui, cela se pourrait bien.

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