SCÈNE IV JULIE. ODILE, CHRISTINE
JULIE Précisément celle dont nous parlions... Venez, Christine, que je vous présente à une autre de mes enfants, Odile de Saint-Hilaire... Je devrais dire : Mme la marquise de Prévoir...
CHRISTINE, û Odile.
Je vous connais déjà, Madame. Je ne rencontre jamais Claire Dupré sans qu'elle me cite vos spirituelles réparties.
ODILE, montrant Julie.
Pourvu que cette personne austère ne vous les fasse pas prendre en grippe !...
CHRISTINE Je vous assure que ma cousine a le caractère très gai et ce n'est pas elle qui nous empêchera de plaisanter lorsque vous viendrez goûter avec Claire et moi. Vous voyez, je parle déjà comme si nous étions amies...
ODILE Si cela dépend de moi, nous le serons... Cependant...
l'envers d'une sainte 19
christine Vous en doutez ?...
ODILE Je vous expliquerai mon hésitation un jour où je serai moins pressée. Pour le moment, il faut que je vous quitte... Mon mari m'a donné un quart d'heure à passer ici, pendant qu'il portait chez l'armurier un fusil qu'il a détraqué !... II m'attend avec une patience qui n'est pas à toute épreuve... {A Julie.) Au revoir ma mère... Ah zut !... Je suis incorrigible !... (Se jetant au cou de Julie.) Au moins que je vous embrasse : c'est toujours de saison... (A Christine.) A bientôt, Mademoiselle... Ne vous dérangez pas, je connais le chemin. {Elle sort.)