‹ Théâtre choisi illustréChapitre 10 sur 191 · VarianJf. succ^. Le style d' Addison est remarquable · texte numérisé non relu

VarianJf. succ^. Le style d' Addison est remarquable

Sans se rendre son plagiaire. par sa pureté et son élég.ince, il e=;t très

Ainsi dans les bra.s d'un mari, classique. A'idison était pou profond, uiais

Une femme, lui faisant fête, il avait beaucoup de goût et d'esprit. C'o-

Vc son amint tendre et cJiéri talent des qiuUités qui ne pouvaient tnan-

Se remplit vivement la tét* ^uec de plaire i Voltaire.

C'était le poète des sages,

Mais il était trop concerté ;

Et da;is ion Catoii si vanté,

Ses deux fille>, en vérité,

Sont d'insipides personnages.

Imiter du grand Addison

Seulement ce qu'il a de bon ;

Polissez la rude action

De vos Melpomènes sauvages ;

Travaillez pour les connaisseurs

De tous les temps, de tous les âges ;

Et répandez dans vos ouvrages

La simplicité de vos mœurs.

Qt^ meisieurs les p^iètes anglais ne s'imaginent pas que je veuilleMeur donner Zaire pour modèle : je leur prêche la simplicité naturelle et la douceur des vers ; mais je ne me fais point du tout le saint de mon sermon. "Si catre a ' eu Quelque succès, je le dois beaucoup moins à la bonté de mon ouvrage ,çm!i. la prudence que j'ai eue de parler d'amour le plus tendrement qu'il m'a été possible. J'ai flatté en cela le goût de mon auditoire : on est assez sûr de réussir, quan^Ôn parle aux passions des gens plus qu'à leur raison. On veut de l'amour, quelque bon chrétien que r on 'sc)ïï7'èT~Jë'suîs très persuadé que Lien e.i prit au grand Corneille de ne s'être pas borné, dans Polyeucte, à faire casser les statues de Jupiter par les néophytes ; car telle est la corruption du genre humain que peut-être

De Polyeucte la belle àme

Aurait faiblement attendri,

Et les vers chrétiens qu'il déclame

Seraient tombés dans le décri.

N'eût été l'amour de sa femme

Pour ce païen son favori'.

Qui méritait bien mieux sa flamme

Que son bon dévot de mari.

Même aventure à peu près est arrivée à Zaïre. Tous ceux qui vont aux spectacles m'ont assuré que, si elle n'avait été que convertie, elle aufaii peu intéressé ; mais elle est amoureuse de la meilleure foi du monde, et voilà ce qui a fait sa fortune. Cependant il s'en îaulTûèn que j'aie échappé ù la censure.

Plus d'un cplucheur intraitable M'a vétill'', rn'a critique :

Plus d'uii railleur impitoyable Prétendait que j'avais croqué.

t. Pauline aime le chevalier romain Sévfce, mais elle demetue (ijèlî à sc-o époux Polyeucte.

ZAÏRE

Et {>eu clairement expliqué Va ronian très peu vraisemblable, Dans ma cervelle fabriqué ; Que le sujet en est tronqué, Que la fin n'est pas raisonnable ; Même on m'avait pronostiqué Ce sifdet tant épouvantablo., Avec quoi le public choqué Régale un auteur misérable.

Cher ami, je me suis moqué De leur censure insupportable : J'ai mon drame en public risqué ; Et le parterre favorable, Au lieu de siffler, m'a claqué.

Des larmes même ont offusqué 'Plus d'un œil, que j'ai remarqué Pleurer de l'air le plus aimable.

Mais je ne suis point requinque ' Par un succès si désirable :

Car j'ai comme un autre marqué Tous les déficit de ma fable.

Je sais qu'il est indubitable Que, pour former osuvtc parfait, Il faudrait se donner au diable ; Et c'est ce que je n'ai pas fait *.

1. Etre requinqué ou se requinquer, vieu.x mot qui signifie : se pavaner, se donner des airs.

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