VarwtU
lit c'est ce que je n'ai pas fait.
Si on peut répondre de quelque chos?, j'imagine que cette pièce de théâtre sera la dernière que je risquerai. J'aime les lettres ; mais pit» je les aime pins je suis tâcbé de les voir peu accueillir : on jou't ici avec un peu trop d'indifférence des plai- S'rs qu'un homme procure avec beaucoup de peine. Voici par exemple un spectacle représenté à la cour : on y v-a par étiquette, comme à une cérémonie ordinaire, sans daigner s'y intéresser, sans s'informer souvent du nom de l'auteur, que pour l'accabler en passant d'un mot de critique médisante et souvent absurde. Enfin ce même public qui l'a applaudi va le voir tourner en ridicule au théâtre italien et à la foire, et jouit de son humiliation avec plus de joie qu'il n'a joui de ses veilles. Ce n'est pas tout : la calomnie le poursuit avec fureur ; on cherche à le perdre quand on ne peut l'avilir. Si l'homme de lettres est médiocre, il tombe dans le mépris le plus humiliant ; s'il réussit, il se fait les ennemis les plus cruels. Je sais, et il faut le dire aux étrangers pour l'bonucur de ma nation, il n'y a point de
pays en Europe où il y ait t«nt d« bellas fondations iiour les arts. Nous avons des académies de toute espèce ; mais le frelon y prend trop souvent .a place de l'abeille. Ce n'est pas assez de ces honneurs frivoles souvent avilis par ceux qu'on en \-eut orner ; on trouve dans ces ieur avec étonnement le faiseur de madrigaux, souvent encore des gens plus obsairs, que rien ne sauve du mépris public que leur peu de renommée. Le mérite, que quelquefois on y admet, ou s'y refuse, ou s'y voit avec indignation : U semble même que, pour remplir cette place, il faille être plus accablé de la risée publique qu'honore des applaudissements qu'on donne au.t auteurs révérés. Les têtes qu'on y couronne de laurier n'en sont pas à tel point couvertes qu'on n'y découvTe encore les restes du chardon qui ceignait leur front sacré. Mais quand il serait vrai que ces places fondées pour le mérite ne fussent remplies que par lui, que sont-elles sans les récompenses ? et que deviciment les arts, s'ils ne sont soutenus par les regards du maître, et par l'attrait U pins flatteur de la considération ? Ils peuvent dépérir au milieu de.3 abris élevés par eux ; abris que le temps détruit tous les jours ; bâtiments dont la mémoire sut>siste, et dont à peine on reconnaît la trace : les ar-