VERS DE ZAÏRE FRÉQUEM.MENT CITÉS
J'eusse été près du Gange esclave des faux dieux, Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux. (I, i.)
Des chevaliers français tel est le caractère,
Leur noblesse en tout temps me fut utile et chère. (II, m.)
Mon Dieu ! j'ai combattu soixante ans pour ta gloire ; J'ai vu tomber ton temple et périr ta mémoire ; Dans un cachot affreux, abandonné vingt ans, Mes larmes t'imploraient pour mes tristes enfants ; Va lorsque ma famille est par toi réunie, Quand je trouve une fille, elle est ton ennemie ! (II, i:i.)
Zaïre, vous pleurez? (IV, ii.)
Le voilà donc connu ce secret plein d'horreur. (I\', \ )
ÉPITKE DÉDICATOIRE
A M. FALKENER, xMARCHAND ANGLAIS'
Vous êtps Anglais, mon cher ami, et je suis né en France ; mais ceux qui aiment les arts sont tous concitoyens. Les honnêtes gens qui pensent ont à peu près les mêmes principes et ne composent qu'une rg^ublique : ainsi il n'est pas plus étrange de voir aujourd'hui une tragédie française dédJée à un Anglais, ou à un Italien, que si un citoyen d'Éphèse ou d'Athènes avait antrclois adressé son ouvrage à un Grec d'une autre ville. Je vous offre donc cette tragédie comme à mon compatriote dans la littérature et comme à mon aiui intime.
Je jouis en même temps du plaisir de pouvoir dire à ma nation de quel œil les négociants sont regardés chez vous ; quelle estime on sait avoir en Angleterre peur une profession qui fait la grandeur de l'État ; et avec quelle supériorité quelqi;es-iins d'entre vous représentent leur patrie dans le parlement et sont au rang d'»s législateurs.
Je sais bien que cette profession est méprisée de nos petits-maîtres; mais vous savez aussi que no? petits-maîtres et les vôtres sont l'espèce la plus ridicule qui rampe avec orgueil siur la surface de la terre.
Une raison encore qui m'enf,age à m'entretenir de belles-lettres avec un Anglais plutôt qu'avec un autre, c'est votre heureuse liberté de penser ; elle en communique à mon esprit ; mes idées se trouvent plus hardies avec vous.
Quiconque avec moi s'entretient Semble disposer de mon âme :
S'il sent vivement, il m'enflamme ; Et s'il est fort, il me soutient.
Un coiu"tisan pétri de feinte Fait dans moi tristement passer Sa défiance et sa contrainte ; Mais un esprit libre et sans crainte M'enhardit et me fait penser.
Mon feu s'échauffe à sa lumière,
I. Voltaire, en dédiant Zaïre au négo- mière fois qu'on adressait une -lAdicace à
ciaoi Faikener, voulait témoigner sa gra- on marchand ; cela parut d'une hardiesse
titude à celui dont il avait été l'bdte pen- extrême. Faikener fut b.u'oué et parodié
dant son eiil en .Angleterre. C'était la pre- de cent laçons
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Ainsi qu'un jeune peintre, instruit Sous Le Morne ' et sous Largillièrc *, De ces maîtres qui l'ont conduit Se rend la touche familière ; 11 prend malgré lui leur manière Et compose avec leur esprit.
C'est pourquoi Virgile se fit Un devoir d'admirer Homère ; Il le suivit dans sa carrière.
Et son émule il se rendit.
Sans se rendre son plagiaire s.
Ne craignez pas qu'en vous envoyant ma pièce je vous en fasse une longue apologie : je pourrais vous dire pourquoi je n'ai pas donné à Zaïre une vocation plus déterminée au christianisme, avant qu'elle reconnût son père, et pourquoi elle C4iche son secret à son amant, etc. ; mais les esprits sages qui aiment à rendre justice verront bien mes raisons sans que je les indique : pour les critiques déterminés, qui sont disposés à ne pas me croire, ce serait peine perdue que de les leur dire.
Je me vanterai seulement avec vous d'a\oir fait >me pièc« assez simple, qualité dont on doit faire ras de toutes façons.
Cette heureuse simplicité Fut un des plus dignes partages De la savante antiquité.
Anglais, que cette nouveauté S'introduise dans vos usages.
Siu- votre théâtre infecté D'horreurs, de gibets, de carnages Mettez donc plus de vérité, Avec de plus nobles images.
Addison * l'a déji tenté ;
I. Le Moine (16S8-1737), peintre d'his- Elle voit là soo cher objet,
t.oire. Il pfi-gnit le plafond de la chapelle liDe en a l'ime possédé*,
de la \ierge à Saint-Suipice et le plafond Kt fait un fils qu-, trait pour trait,
du salon d'Heroilo à Versailles. Ce dernier list liicntôt le \ivant portrait
trava^! loi valut le titre de premier peintre De celui dont elle eut l'idée,
du roi et une pension de 4000 livres. Le Noas donnons sous fornT" de variantes
Moine est souvent maniérv ; à fore* de les passages que la police fit supprimer dans
chercher lY-lcgance, il tombe- dans l'affé- celle dédicace en 1733, ^t qui ont été ira-
terie ; ses figures sont mièvre.^ et contour- primés pour la première fois ea i8;o nées. Il fut le maître de Boucher. 4. Addison (1672-1719), né à Milston
a. Largillière (1656-1746), qu'on a apt>e- (Wilstshire), fut homme politique en même
lé le Van Dyck français, fut surtout un pein- temps qu'icrivain. 11 entra dans lc> fonc-
Ire de portraits. Ses œu\Tes sont remarqua- tioos publiquis et se rangea du cMé des
blés par la correction du dessin et la vérité wighs (libéraus) ; il fut secrétaire d'Etat
du coloris, I-'armi ses tableaui les plus ce- en 1717. .Mais il s'occupa surtout de IlUé-
lèbres, on peut citer ceux de Louis XIV, du rature ; il publia un prand nombre d'arti-
cardtnal de NoaiUes et plusieurs portraits desdansleS/>«^a<<",<r f t ^-crivit pour If tliéâ-
de liii-mérop. tre. Sa tragédie de Caion remjNTrta un grand