‹ Théâtre choisi illustréChapitre 105 sur 191 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

Qui des deux osera se venger aujourd'hui?

Qui percera ce cœur que l'on arrache à lui?

Toujours infoi-tunée, et toujours criminelle, "Perfide envers Zamore, à Gusman infidèle, \ Qui me délivrera, par un trépas heureux, '

De la nécessité de vous trahir tous deux?

Gusman, du sang des miens ta main déjà rougie

Frémira moins qu'une autre à m'arracher la vie.

De l'hymen, de l'amour il faut venger les droits ;

Punis une coupable, et sois juste une fois.

GUSMAN

Ainsi vous abusez d'un l'este d'indulgence Que ma bonté trahie oppose à votre offense ; Mais vous le demandez, et je vais vous punir; Votre supplice est prêt, mon rival va périr. Holà, soldats.

.\LZIRE

.jCruel !

ALVAREZ ■

' Mon fils, qu'allez-vous faire?

Respectez ses bienfaits, respectez sa misère.

Quel est l'état horrible, ô ciel, où je me vois? « »

X'un tient de moi la vie, à l'autre je la dois ! ) Vl-f^- ^ i*'*^^ V*-*-^*^"^

Ah ! mes fils F de ce nom ressentez la tendresse ; /l.ciXxJ^'iA^

D'ûiipére infortuné regardez la^yieillesse;

Et du moins...

SCÈNE VI. — ALVAREZ. GUSMAN, ALZIRE, ZAMORE. D. ALONZE, OFFICIER espagnol.

ALONZE

Paraissez, seigneur, et commandez ; D'armes et d'ennemis ces champs sont inondés ; Ils marchent vers ces murs, et le nom de Zamore Est le cri menaçant qui les rassemble encore. Ce nom sacré pour eux se mêle dans les airs A ce bruit belliqueux des barbares concerts. Sous leurs boucliers d'or les campagnes mugissent ; De leurs cris redoublés les échos retentissent ; En bataillons serrés ils mesurent leurs pas. Dans un ordre nouveau qu'ils ne connaissaient pas ;

130 — ALZIRE

Et ce peuple, autrefois vil fardeau de la terre. Semble apprendre de nous le grand art do la guerre.

GUSMAN

Allons, à leurs regards il faut donc se montrer ; Dans la poudre à l'instant vous les verrez rentrer. Héros de la Castille, enfants de la victoire. Ce monde est fait pour vous ; vous l'êtes p>our la gloire Eux pour porter vos fers, vous craindre et vous servirT

ZAMORE

Mortel égal à moi, nous, faits pour obéir?

GUSMAN

Qu'on l'entraîne.

ZAMORE

Oses-tu, tyran de l'innocence.

Oses-tu me punir d'une juste défense?

[Alix Espagnols qui l'eyitcnivent.) Etes- vous donc des dieux qu'on ne puisse attaquer? Et, teints de notre sang, faut-il vous invoquer?

GUSMAN

Obéissez.

Seigneur !

ALZIRE

ALVAREZ

Dans ton courroux sévère.

Songe au moins, mon cher fils, qu'il a sauvé ton père.

GUSMAN

Seigneur, je songe à vaincre, et je l'appris de vous; J'y vole, îidieu.

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