‹ Théâtre choisi illustréChapitre 114 sur 191 · SCÈNE V. — ALZIRE. ÉMIRE · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — ALZIRE. ÉMIRE

Je succombe, il me laisse :

Il part ; que va-t-il faire? O moment plein d'effroi ! Gusman ! quoi ! c'est donc lui que j'ai quitté pour toi ! Émire, suis ses pas, vole, et reviens m'instruire S'il est en sûreté, s'il faut que je respire. Va voir si ce soldat nous sert ou nous trahit.

{Emire sort.) Un noir pressentiment m'afflige et me saisit : Ce jour, ce jour pour moi ne peut être qu'horrible. O toi, Dieu des chrétiens, Dieu vainqueur et terrible ! Je connais peu tes lois : ta main, du haut des cieux. Perce à peine un nuage épaissi sur mes yeux : Mais si je suis à toi. si mon amour t'otïense, Sur ce cœur malheureux épuise ta vengeance. Grand Dieu, conduis Zamore au milieu des déserts ! Ne serais-tu le Dieu que d'un autre univers? Les seuls Européans ■* sont-ils nés pour te plaire? Es-tu tyran d'un monde, et de l'autre le père? Les vainqueurs, les vaincus, tous ces faibles humains, Sont tous également l'ouvrage de tes mains. Mais de quels cris affreux mon oreille est frappée ! J'entends nommer Zamore : ô ciel ! on m'a trompée. Le bruit redouble, on vient : ah ! Zamore est perdu.

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