SCÈNE II. — MONTÈZE, ALZIRE
ALZIRE
Ah ! mon père !
MONTÈZE
Ma fille, où nous as-tu réduits ?
Voilà de ton amour les exécrables fruits. Hélas ! nous demandions la grâce de Zamore ; Alvarez avec moi daignait parler encore : Un soldat à l'instant se présente à nos yeux ; C'était Zamore même, égaré, furieux ; Par ce déguisement la vue était trompée. A peine entre ses mains j'aperçois une épée : Entrer, voler vers nous, s'élancer sur Gusman, L'attaquer, le frapper, n'est pour lui qu'un moment. Le sang de ton époux rejaillit sur ton père ' : Zamore, au même instant dépouillant sa colère. Tombe aux pieds d'Alvarez, et, tranquille et soumis. Lui présentant ce fer teint du sang de son fils : ^a J'ai fait ce que j'ai dû, j'ai vengé mon injure; '' Fais ton devoir, dit-il, et venge la nature. » , Alors il se prosterne, attendant le trépas. * Le père tout sanglant se jette entre mes bras ; Tout se réveille, on court, on s'avance, on s'écrie ; On vole à ton époux, on rappelle sa vie ;
I. Quelques personnes ont trouvé fort étrange que Zamore ne proposât point un duel i Gasman (V., nott tU 1736).