SCÈNE PREMIÈRE. — MÉROPE. ISMÉNIE
ISMÉNIE
Grande reine, écartez ces horribles images ; Goûtez des jours sereins, nés du sein des orages '. Les dieux nous ont donné la victoire et la paix. Ainsi que leur courroux ressentez leurs bienfaits. Messène, après quinze ans de guerres intestines, Lève un front moins timide et sort de ses ruines. Vos yeux ne verront plus tous ses chefs ennemis Divisés d'intérêts, et pour le crime unis. Par les saccageraents, le sang et le ravage. Du meilleur de nos rois disputer l'héritage. Nos chefs, nos citoyens, rassemblés sous vos yeux. Les organes des lois, les ministres des dieux, Vont, libres dans leur choix, décerner la couronne. Sans doute elle est à vous, si la vertu la donne. Vous seule avez sur nous d'irrévocables droits ; Vous, veuve de Cresphonte ei fiJIe de nos rois ; Vous, que tant de constance, et quinze ans de misère Font encor plus auguste et nous rendent plus chère ; Vous, pour qui tous les coeurs en secret réunis...
MÉROPE
Quoi ! Narbas ne vient point ! Reverrai-je mon ûls.''
ISMÉNID
Vous pouvez l'espérer : déjà d'un pas rapide Vos esclaves en foule ont couru dans l'Élidc-; La paix a de l'Élide ouvert tous les chemins. Vous ave2 mis sans doute en de fidèles mains