ACTE PREMIER
Qui peut goûter en paix, dans le suprême rang,
Le barbare plaisir d'hériter de son sang !
Si je n'ai plus de fiK quQjgi'inipojrtejLm .empire? '^
Que m'impyorte ce ciel, ce jour que je respire?
Je dus y renoncer alors que dans ces lieux
Mon époux fut trahi des mortels et des dieux.
O perfidie ! ô crime ! ô jour fatal au monde !
O mort toujours présente à ma douleur profonde !
J'entends encor ces voix, ces lamentables cris.
Ces cris : « Sauvez le roi, son épouse, et ses fils ! »
Je vois ces murs sanglants, ces portes embrasées.
Sous ces lambris fumants ces femmes écrasées,
Ces esclaves fusants, Je^^urnulte^Jjcffrc^
Les armes, les flambeaux, la mort, autour de moi.
Là, nageant dans son sang et souillé de poussière.
Tournant encor vers moi sa mourante paupière,
Cresphonte en expirant me serra dans ses bras ;
Là, deux fils malheureux, condamnés au trépas.
Tendres et premiers fruits d'une union si chère.
Sanglants et renversés sur le sein de leur père,
A peine soulevaient leurs innocentes mains.
Hélas ! ils m'imploraient contre leurs assassins.
Égisthe échappa seul ; un dieu prit sa défense :
Veille sur lui, grand dieu, qui sauvas son enfance !
Qu'il vienne ; que Xarbas le ramène à mes yeux
Du fond de ses déserts au rang de ses aïeux !
J'ai supporté quinze ans mes fers et son absence ; j
QuITregne au lieu 3e mol : voilà ma récompense. /