Ce mot avait souvent autrefois le sens d'orgueilleux
3i — ZAÏRE
Le ciel m'a-t-il jamais permis de me connaître? Ne m'a-t-il pas caché le sang qui m'a fait naître?
■J^. FATIME
. Jj^ ^*" ^ Nérestan, qui naquit non loin de ce séjour,
f^ y ^cx^' Vous dit que d'un chrétien vous reçûtes le jour.
- '^ ' ^ Que dis-je? cette croix qui sur vous fut trouvée.
Parure de l'enfance, avec soin conser\-ée,
, . " — Ce signe des chrétiens, que l'art dérobe aux j'eux
Sous le brillant éclat d'un travail précieux ; Cette croix, dont cent fois mes soins vous ont parée. Peut-être entre vos mains est-elle demeurée Comme un gage secret de la fidélité Que vous deviez au Dieu que vous avez quitté.
ZAÏRE
e n'ai point d'autre preuve ; et mon cœur qui s'ignore eut-il admettre un Dieu que mon amant abhorre *? La coutume, la loi, plia mes premiers ans A la religion des heureux musulmans.
Je le vois trop : les soins qu'on prend de notre enfance Forment nos sentiments, nos mœurs, notre croyance, yj'eusse été près du Gange esclave des faux dieux, ^Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux. L'instruction fait tout ; et la main de nos pères GraVè éfi no§" faibles cœurs ces premiers caractères Que l'exemple et le temps nous viennent retracer, Et que peut-être en nous Dieu seul peut effacer. Prisonnière en ces lieux, tu n'y fus renfermée Que lorsque ta raison, par l'âge confirmée. Pour éclairer ta foi te prêtait son flambeau : Pour moi, des Sarrasins esclave en mon berceau, La foi de nos chrétiens me fut trop tard connue. Contre elle cependant loin d'être prévenue. Cette croix, je l'avoue, a souvent malgré moi Saisi mon cœur surpris de respect et d'effroi : J'osais l'invoquer même avant qu'en ma 'pensée D'Orosmane en secret l'image fût tracée. J'honore, je chéris ces charitables lois Dont ici Nérestan me parla tant de fois ;
Variante.
Peut-il suivre une loi que mon amant abhorre ? La coutume en ces lieux plia mes premiers ans.
(Kdltion de 1740.)