ACTE PREMIER
Ces lois qui, de la terre écartant les misères. Des humains attendris font un peuple de frères ; Obligés de s'aimer, sans doute ils sont heureux.
F ATI ME
Pourquoi donc aujourd'hui vous déclarer contre eux? A la loi musulmane à jamai? asservie, Vous allez des chrétiens devenir l'ennemie; Vous allez épouser leur superbe vainqueur.
Qui lui refuserait le présent de son cœur?
De toute ma faiblesse il faut que je convienne ;
Peut-être sans l'amour j'aurais été chrétiçnas ;
Peut-être qu'à ta loi j'aurais sacrifié :
Mais Orosmane m'aime, et j'ai tout oublié.
Je ne vois qu'Orosmane, et mon âme enivrée
Se remplit du bonheur de s'en voir adorée.
Mets-toi devant les yeux sa grâce, ses exploits ;
Songe à ce bras puissant, vainqueur de tant de rois ;
A cet aimable front que la gloire environne :
Je ne te parle point du sceptre qu'il me donne ;
Non, la reconnaissance est un faible retour.
Un tribut ofiensant, trop peu fait pour l'amour.
Mon cœur aime Orosmane. et non son diadème ;
Chère Fatime, en luijè~rr^inre23jtte4mîTuêiue7
Peut-être j'en crois trop~un penchant si flatteur.
Mais si le ciel, sur lui déployant sa rigueur,
Aux fers que j'ai portés eût condamné sa vie.
Si le ciel sous mes lois eût rangé la Syrie.
Ou mon amour me trompe, ou Zaïre aujourd'hui
Pour l'élever à soi descendrait jusqu'à lui.
FATIME
On marche vers ces Ueux ; sans doute c'est lui-même.
ZAÏRE
Mon cœur, qui le prévient, m'annonce ce que j'aime. Depuis deux jours, Fatime, absent de ce palais. Enfin son tendre amour le rend à mes souhaits.