‹ Théâtre choisi illustréChapitre 75 sur 191 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

On m'a traité dans vingt libelles d'homme sans religion : ime des belles preuvci qu'on en a apporta, c'est que, dans Œdipt, Jocaste dit c«s virs :

Les prêtres ne sont point ce qu'un vain peuple poosc : Notre crédulité fait toute leur science.

Ceux qui m'ont fiit ce reproche sont au3si raisonnables pour le moins que C€U3 qui ont imprimé que Ui Hatriade, dans plusieurs endroits, sentait bien son semi-pélagien'. On renouvelle souvent cette accusation cruelle d'irrébgion, parce que c'est le dernier refuge des calomniateurs. Comment leur répondre, comment s'en consoler, sinon en se souvenant de la foule de ces grands hommes qui, depuis Socrate jusqu'à Descartes, ont essuyé ces calomnies atroces ? Je ne ferai ici qu'une seule question : je demande qui a le plus de religion, ou k calomniateur qui persécute, ou le calomnie qui pardonne *.

TÇÇmôCîés libelles me traitent d'homme envieux de la réputation J'autrui: je ne connais I'en%ie que par le mal qu'elle m'a voulu faire. J'ai défendu à mon esprit d'être satirique, et 11 est impossible à mon cceur d'être envieux. J'en appelle à l'auteur de Rhadamist^ et d'EUctre-', qui, par ces deux ouvTages, m'inspira le premier le G6.'ir d'entrer quelque temps dans la même carrière : ses succès ne m'ont jamais coûté d'autres larmes que celles que l'attcndrissc-ment m'arrachait aux représentations de ses pièces ; il sait qu'il n"a fait naitre en moi que de l'émulation et de l'amitié *.

J'ose* dire avec confiance qiie je suis plus attaché aux beaux-arts qu"à^ mes écrits. Sensible à l'excès, dès mon enfance, pour t^ut ce qui perte le caractère du génie, je regarde un grand poète, un bon musicien, un bon peintre, un sculpteur habile (s'il a de la probité), comme un homnie que je dois chérir, comme un frère que leô arts m'ont donné. Les jeun« gens qui voudront s'appliquer aux lettres trouveront en moi un ami ; plusieurs y

I. Pjisge, hércsiarq^p du v» slc<:Ic, en- fc-:ion, reronnu et coniiaianc pour tel, liseignait que l'homrao ûàlt sans le péché ori- vxé par la Justice à !a haine de tous les bonginel, que la nature n'est pas corrompue, nétes jeas, comme te c-adavT* d'un crlmîDe! et cfTC la glace n'est pas nécessaire pour qu'il est perçois de disséquer pour l'oti!lt< pratiquer la vertu. Cctta ac-ctrice, combat- publiqu©. »

tue par eaint Aosustln et coodan^née par j. Variante. Dur.s ks t-dltions parues les conciles, s© maintint jusqu'au \-\* aiècîe jusqu'en 1746, on lisait avant ce paragra- SDua le nom de pélaijiaulsme. V'a^ cette p'ue'U passage suh-ant : *poquB le molna Cas» en formula ks prin- <" L'auteur in^ihiieux et digne de beaucipci du eemi-pÉîasîaais ne, <iui essayait coup de conilderaUon qui v:ei:t de travaildo c TUcnJer la doctriaô da Pelage a^ec les îer sur un «ujat à peu près serablab!» i ma enseijoenjents ds i'Egtitc. Certt« notr-eiie tragédie et qui s'est exercé à peindre ce hérésie s'éteisrnit Vers la fia du s* siècle, contraste des racaurs de l'Europo et de celles

3. Il faut avouer que Voltaire ne par- du nouveau lacade, matière si favorabie à dcmaapaâsoirventàseseaneinls. la poésh, enrichira peut-être le théâtre de

3. Crthillon le père, qui devint plus tari ja pièce nouvelle. Il %-erra si je eeral !o derun emierai de Voltaire. Voltaire sç docaa nier àluiappUndir, eteiun iiidiënearaourla tâche de refaire en mieux quelques-unes propre ferme mes yetix aux beautés d'un de ses pièces. ouvrage . «

4. Dans l'édition de 1736, de De^'u.rû'ej, Il s'tgit de Lefranc de Pompijnogn et de il y a'^alt la note suivante : « L'autenr n'a sa tra^die de Zoraldt. Lefranc allait bienjamais répondu aux Inve<:ti^•e5 de personne tôt passer au nombre do ceux que X'oltaire qu'à celles du poète RoussaaM, hom,aie en- de^"3it poursuivre d'une baine acharnée, nemi de tout mérite, calomniateur de pro-

ALZIRE

Qut trouvé un pèie. Voilà mes seaiimcnts : quiconque a vécu avec moi sait bien que je n'ca ai point d'autres.

Je me suis cru obligé de parler ainsi au public sur moi-même un« foie en ma vie. A l'égard de ma tragédie, je n'en dirai rien. Réfuter des critiques est un vain amour-propre ; confondre la calomnie est un devoir.

ALZIRE

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