SCÈNE PREMIÈRE. — ALVAREZ, GUSMAN
ALVAREZ
Du conseil de Madrid l'autorité suprême Pour successeur enfin me donne ' im fils que j'aime. Faites régner le prince et le Dieu que je sers Sur la riche moitié d'un nouvel univers : Gouvernez cette rive, en malheurs trop féconde, Qui produit les trésors et les crimes du monde. Je vous remets, mon fils, ces - honneurs souverains Que la vieillesse arrache à mes débiles mains. J'ai consumé mon âge au sein de l'Amérique ; Je montrai le premier au peuple du Mexique * L'appareil inouï, pour ces mortels nouveaux. De nos châteaux ailés qui volaient bur les eaux : Des mers de Magellan jusqu'aux astres de l'Ourse
jLes vainqueurs castillans ont dirigé ma course*.
'Heureux si j'avais pu, pour fruit de mes travaux,
i'En mortels vertueux '" changer tous ces héros !
jMais qui peut arrêter l'abus de la victoire?
tLeursJcruautés. mon fils, ont obscurci leur gloire «, Et j'ai pleuré longtemps sur ces tristes vainqueurs. Que le ciel fit si grands, sans les rendre meilleurs.