‹ Théâtre choisi illustréChapitre 88 sur 191 · UN AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

UN AMÉRICAIN

En des lieux différents, comme toi mis aux fers. Conduits en ce palais par des chemins divers. Étrangers, inconnus chez ce peuple farouche, Nous n'avons rien appris de tout ce qui te touche. Cacique infortuné, digne d'un meilleur sort, Du moins, si nos tyrans ont résolu ta mort, Tes amis, avec toi prêts à cesser de vivre. Sont dignes de t'aimer et dignes de te suivre.

ZAMORE

-' Apres l'honneur de vaincre, il n'est rien sous les cieux De plus grand en effet qu'un trépas glorieux ; Mais mourir dans l'opprobx'e et dans l'ignominie. Mais laisser en mourant des fers à sa patrie, Périr sans se venger, expirer par les mains De ces brigands d'Europe, et de ces assassins Qui, de sang enivrés, de nos trésors avides. De ce monde usurpe désolateurs perfides. Ont osé me livrer à des tourments honteux. Pour ra'arracher des biens plus méprisables qu'eux ; Entraîner au tombeau des citoyens qu'on aime. Laisser à ces tyrans la moitié de soi-même ;

> Abandonner Alzire à leur lâche fureur :

Cette mort est affreuse et fait frémir d'horreur.

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