SCÈNE I
( La nuit.)
MERCURE, seuU
Vierge, reine des mois et des feux inconstants Qui président au cours de la moitié du temps. Lune, marcLe à pas lents, laisse dormir ton frère, Tiens le frein aux coureurs qui tirent ta litière. Cependant que mon père, enivré de plaisirs,
Au sein de ses amours le lâche à ses désirs.
Prête avec moi ton aide à cette jouissance.
Et de ta chasteté ne prends point de dispense ; Absolu comme il est sur tous les autres dieux,
A notre obéissance il doit fermer les yeux.
Le rang des vicieux ôte la honte aux vices.
Et donne de beaux noms à de honteux offices ; C’est éloquence à moi que de servir ses feux.
Que de persuader les objets de ses vœux ;
Et mon nom est celui de messager du Pôle,
Qui de mon père en terre apporte la parole. Retarde en sa faveur la naissance du jour.
Mais Sosie en ces lieux avance son retour :
Pour servir Jupiter cessons d’être Mercure;
Allons de ce valet emprunter la figure,
Et troublons son esprit d’un si plaisant souci.
Que, s’ignorant soi-même, il s’éloigne d’ici.
(Il sort,'