‹ Théâtre choisiChapitre 116 sur 375 · LAURE, LYDIE · texte numérisé non relu

LAURE, LYDIE

LAURE

Lydie, ô dieux ! quelle est cette merveille ?

LYDIE

Divine comme vous, comme vous sans pareille,

LAURE PERSÉCUTÉE

Qui telle toutefois à peine me surprend :

Car mon cœur me disait quelque chose de grand,

Et le ciel, ce me semble, a sur votre visage

Mis je ne sais quels traits, marque d’un grand courage

Un regard, un souris, un geste, une action.

Disent muettement votre condition :

Tout en vous rend pour vous ce secret témoignage.

Et j’ai cent fois du cœur entendu ce langage.

LAURE

Tu viens, ayant d’Octave aidé la trahison,

De cette flatterie acheter ton pardon.

LYDIE

Vous me connaissez trop pour punir une offense Qui naît de ma sottise et de mon innocence :

Loin de vous desservir et vous affliger tant.

Je prétendais vous rendre un service important.

LAURE

J’ai pour tous deux pourtant préparé du supplice.

Et je veux que le traître épouse la complice.

LYDIE

Je n’en appelle point, suivez votre courroux ; Punissez-nous bientôt d’un supplice si doux.

(Elles sortent.)

Page 1