LAURE, LYDIE
LAURE
Lydie, ô dieux ! quelle est cette merveille ?
LYDIE
Divine comme vous, comme vous sans pareille,
LAURE PERSÉCUTÉE
Qui telle toutefois à peine me surprend :
Car mon cœur me disait quelque chose de grand,
Et le ciel, ce me semble, a sur votre visage
Mis je ne sais quels traits, marque d’un grand courage
Un regard, un souris, un geste, une action.
Disent muettement votre condition :
Tout en vous rend pour vous ce secret témoignage.
Et j’ai cent fois du cœur entendu ce langage.
LAURE
Tu viens, ayant d’Octave aidé la trahison,
De cette flatterie acheter ton pardon.
LYDIE
Vous me connaissez trop pour punir une offense Qui naît de ma sottise et de mon innocence :
Loin de vous desservir et vous affliger tant.
Je prétendais vous rendre un service important.
LAURE
J’ai pour tous deux pourtant préparé du supplice.
Et je veux que le traître épouse la complice.
LYDIE
Je n’en appelle point, suivez votre courroux ; Punissez-nous bientôt d’un supplice si doux.
(Elles sortent.)