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SCÈNE IX

LES MÊMES; CLIDAMAS; un page.

CLIDAMAS, à l’infante, en lui donnant une lettre.

Jour, le plus heureux jour Qu’aient jamais signalé la Fortune et l’Amour,

Pour mourir d’une mort belle et digne d’envie.

Plût au ciel fusses-tu le dernier de ma vie !

Madame, ce dépôt qu’allant rendre l’esprit La reine votre mère entre mes mains remit.

Et que Sa Majesté m’ordonna de vous rendre.

Quand au roi son époux vous donneriez un gendre, Dessous ce sceau royal cache une instruction Qui vous informera de son intention.

l’infante.

Hélas ! il me souvient qu’à cette heure dernière Qui ravit à ses yeux le bien de la lumière.

Elle me tint ces mots d’une mourante voix Que je m’imprimai bien, tout enfant que j’étois :

(c Ma fille, si le temps laisse avancer votre âge Jusqu’au jour destiné pour votre mariage.

Et que, par le pouvoir et d’Hymen et d’ Amour,

Vous soyez obligée à quitter cette cour,

Si, le jour qu’à ce joug on vous verra soumise.

En vos mains de ma part une lettre est remise.

Ne manquez d’accomplir ce qu’elle contiendra,

Ni d’ajouter créance à qui vous la rendra. »

CLIDAMAS.

Je m’en suis acquitté.

l’infante.

Faisons-en l’ouverture.

ORANTÉE.

Ma chère Laure, ô dieux ! quelle est cette aventure ?

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