ACTE V, SCÈNE X
Et que le double nœud dont nous serons unis Mêle les cris de joie à des feux infinis.
LAURE, à Octave.
Et VOUS, répondrez- VOUS à l’amour de Lydie ?
OCTAVE
Je ne lui puis manquer sans trop de perfidie.
, LYDIE
Oh ! qu’un heureux effet succède à mon espoir !
ORANTÉE , à Clidamas.
Mon père, par quel soin, par quel humble devoir.
Et par quelle faveur pourrai-je reconnaître Le bien inespéré -que vous avez fait naître?
Mon cœur ne m’est point traître, et, promettant sa foi, Sentit bien qu’il aimait en lieu digne d’un roi.
FIN DE LAURE PERSÉCUTÉE
NOTICE
SUR
LA SŒUR
Les comédies modernes de Rotrou sont au nombre de neuf, dont voici la liste chronologique : la Bague de Vouhli, représentée à l’Hôtel de Bourgogne en 1628, éditée en 1635 et dédiée au roi; elle est imitée de la Sortija del Olvido, de Lope, et a été imitée par Legrand dans son Boi de Cocagne — la Diane (1630-1635) dédiée au comte de Fiesque — la Célimène (1633-1636) dédiée au comte de Nancay, grand maître de la garde-robe du roi ; c’est peut-être la comédie dont Chapelain composa, dit-on, le plan pour Rotrou, en 1633 — Xsi Belle Alphrède (1634-1639) imitée de Lope et dédiée à Sylvie — Filandre (1635-1637) — Florimonde^ que M Viollet-le-Duc classe à tort après Venceslas, alors qu’un acte public de vente la mentionne dès 1637, mais qui ne parut qu’en 1655 — Clorinde (1636-1637) dédiée à mademoiselle Fourrât — Clarice (1641- 1643) imitée de l’italien Sforza d’Oddi — La Sœur (1645) éditée en 1647, in-40 et in-12, sous le titre de La Sœur généreuse.
La Sœur étant une des pièces de Rotrou où l’on trouve le plus de termes vieillis et détournés de leur sens, nous croyons devoir donner ici un bref tableau des anomalies principales qu’on rencontrera ici et ailleurs :
SUBSTANTIFS. — Comme chez Corneille, Rotrou emploie souvent le pluriel des noms abstraits et souvent supprime l’article avant le substantif, surtout quand il s’agit d’un nom de chose qui peut être personnifié : Amour, Nature. Il fait du masculin affaire, dot, étude ^ foudre, intrigue, rencontre, vipère; du féminin, âge, amour, doute, écho, navire. Il emploie beaucoup de mots inusités aujourd’hui, ou dont la forme est différente : affronteur {dé affronter, tromper, outrager) au figuré; assassin,
mouche de toilette ; balourde; coupeau, cime', dextre, dol; forcènement, de forcener, être en fureur; genouil, guiterre, hostie, ire ;momon, défi au jeu de dés porté par des masques ; paction, parlement, rais, refondrement, surgeon. D’autres ont changé de sens: âge (vie), arrêt, arrestation; basse-cour, débris ruine, au figuré; démon, esprit divin; élection, dm û^Mvé', événement, résultat; fantaisie, imagination; génie, destin; geste, attitude, ou dans un autre sens, gestes guerriers; manoir, séjour; monument, tombeau ; mouvement, sentiment ; paysage, pays ; poil, chevelure ; province, un état tout entier ; procédure, au moral ; travail, peine, d’où travailler, affliger.
ADJECTIFS ET PRONOMS. — Adjectifs vieilHs : brigande, confident, dévo-