‹ Théâtre choisiChapitre 162 sur 375 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Voulut qu’assez longtemps je fusse esclave en Perse,

D’où le bruit de ma mort chez les Turcs s’épandit,

Tant que ce même sort de nouveau m’y rendit.

LÉLIE

La vérité, mon père, enfin nous justifie.

ANSELME

Elle est trop manifeste : appelez Aurélie ;

(Lélie sort.)

Il est juste qu’ayant partagé notre ennui,

Elle ait part au bonheur qui le suit aujourd’hui.

CONSTANCE

Aurélie en ces lieux ! O bonté souveraine !

Que du sort ton amour me répare la haine !

ANSELME

Quelle heureuse aventure a pu rendre à mes yeux,

Après seize ans d’ahsence, un bien si précieux ?

CONSTANCE

De mes longues erreurs la déplorable histoire Veut et beaucoup de temps et beaucoup de mémoire :

Je ne puis à présent que vous dire en deux mots Que le ciel, dont les soins veillaient pour mon repos,

A voulu que Sélim, à qui je fus vendue,

En faveur d’une charge, ardemment prétendue.

De maître du sérail, ou bostangirassi,

Où ses prétentions ont enfin réussi,

A tous ses serfs chrétiens ait donné la franchise.

ANSELME

A quel point, juste ciel, ton soin nous favorise !

(Apercevant Aurélie.)

Approchez-vous, ma fille. Oh! comme à cet abord Le sang fait son office en ce commun transport 1 Quelle heur passe aujourd’hui celui de ma famille?

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