ACTE II, SCENE IV
Après tant de soucis, j’espérerais des roses,
Si tu suivais pour moi l’ordre commun des choses ;
Mais tu l’enfreins, barbare, et pour moi seulement Ton aveugle conduite est sans aveuglement ;
Pour moi seul un prodigue, un généreux monarque Jette sur son renom une honteuse marque.
Et ta rigueur en fait, par une injuste loi.
D’un Auguste pour tous un Tibère pour moi.
Quoi! tant de grands effets, tant d’illustres offices, Perdent donc en mon bras le titre de services !
LAZARILLE
Un malheureux enfin a beau se désoler.
Beau se plaindre des cieux, et beau les quereller :
Ils versent sans dessein les plaisirs et les peines.
Ils ne sont point garants des affaires humaines.
Et toute la nature en vain leur veut aider :
A qui naît sans bonheur rien ne peut succéder.