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ACTE IV, SCÈNE IV

Que c’est de vos bontés que je tiens tout mon bien ; Que je suis aujourd’hui, qu’hier je n’étais rien;

Que mon destin sans vous n’a que l’éclat du verre ;

Et qu’ayant comme Dieu fait un homme de terre, Gomme Dieu, quelque jour, vous le pourrez chasser Et de votre présence et de votre penser.

DON PKDRË.

Puissé-je à son courroux être à jamais en butte Et mon trône tomber le jour de votre chute !

Je connais ma faiblesse, et sais que je ne puis Faire rien d’immortel, mortel comme je suis;

Mais je mettrai mon heur et ma gloire suprême A me faire un vassal plus puissant que moi-même.

Et voir, par l’union que produiront nos vœux,

Douter à l’Aragon qui régnera des deux,

Puisque ma passion, après tant d’aventures,

Comme votre vertu doit être sans mesures.

VIOLANTE, à part.

Sans moi je le crois pauvre avecque tant de bien,

Et ne me donner pas, c’est ne lui donner rien.

LÉONOR, à part.

Ses bienfaits sont trop peu pour son mérite extrême, S’il ne lui fait encore un présent de moi-même.

(Ils sortent tous, excepté don Lope et Lazarille.)

DON LOPE, à part.

Quoi! de tant de fumée il flatte mon espoir.

Et, plein de mon estime, il s’en va sans me voir? Quoi! d’une telle amour j’ose nourrir l’attente.

Et ne me puis vanter d’un regard de l’infante.

Moi qui des mains du frère et des yeux de la sœur M'ctais, à ce retour, promis tant de douceur!

Est-ce que l’un diffère et l’auire dissimule?

Mais, ô frivole espoir ! vanité ridicule !

L’un avec tant d’estime, et l’autre tant d’amour, N’auraient pas d’un regard honoré mon retour.

Mais voici...

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