SCÈNE I
DON BERNARD, seul.
Jalouse passion, dangereuse couleuvre,
Qui, pour nuire ou crever, mets tout poison en œuvre , Fille à qui te fait naître ingrate et sans pitié.
Au moins, tuant l’amour, épargne l’amitié,
Et ne m’engendre pas, d’une rage commune.
Et l’oubli de l’infante et la haine de Lune;
De Lune, dont les faits m’ont servi de degrés A monter à des rangs de tant d’yeux révérés ;
Ce de Lune invaincu dont la valeur extrême A tant fait pour ma gloire et si peu pour lui-même. Laissons hbres ses vœux à de libres appas,
Et, complices du sort, ne l’entreprenons pas.
Sa rage, assez longtemps contre lui mutinée,
A sous un mauvais astre ourdi sa destinée. Souffrons-lui les aspects de douceur et d’amour Dont l’honore aujourd’hui l’astre de cette cour.
La voici ; cachons-nous, et détournons la vue De ce beau basilic, qui charme, mais qui tue.