‹ Théâtre choisiChapitre 274 sur 375 · DON LOPE, VIOLANTE · texte numérisé non relu

DON LOPE, VIOLANTE

DON LOPE, à part.

Une fois déclaré, le sort nous rit toujours :

Voici rinfante. Amour, j’implore ton secours.

(A Violante.)

Je tremble à votre approche, et mon respect. Madame, Avec tous ses efforts veut retenir ma flamme ;

Mais ma flamme, plus forte enfin que mon respect, M’expose à soutenir votre adorable aspect.

A l’ardeur de vos feux mon âme accoutumée Sait qu’elle ne peut plus en être consumée ;

Son repos se rencontre en son embrasement.

Et ce qui la détruit devient son aliment ;

Quoique par ma naissance, à la vôtre inégale,

Mon espoir s’élevant aussitôt se ravale.

Et que je semble prendre un vol trop arrogant...

VIOLANTE, étonnée.

O Dieu ! que veut ce fol et cet extravagant ?

Vos propres mains. Madame, ont avoué l’audace De ce feu qui chez vous rencontre tant de glace,

Et m’ont fait espérer quand vos yeux m’ont blessé...

VIOLANTE

Qu’entends-je ? Holà ! quelqu’un, chassez cet insensé.

DON LOPE

A tort de mes tributs votre beauté s’irrite :

Je ne suis que la loi que vous m’avez prescrite ;

Je brûle par votre ordre, et par lui je vous sers;

Il m’allume mes feux, il m’attache mes fers ,

Et ma soumission plus que mon arrogance...

VIOLANTE

Dieu ! quelle frénésie et Quelle extravagance !

DON LOPE

Il ne me manquait plus que cette qualité.

Mais de quel vain espoir m’avez-vous donc flatté ?

VIOLANTE, à part.

La fureur le saisit, je crains quelque disgrâce.

Aucun ne vient; fuyons et cédons-lui la place.

Quoi ! fol et furieux? O ciel ! mais le roi vient.

VIOLANTE

Sire, oyez quels discours cet insensé me tient.

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