‹ Théâtre choisiChapitre 280 sur 375 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

Engagent la prudence à tant de lâchetés î Cour où la vérité passe pour un beau songe,

Où le plus haut crédit est le prix du mensonge;

Qui n’es, à bien parler, qu’un servage doré.

Un supplice agréable, un enfer adoré !

Dans tes pièges encor ma raison retenue Me pourrait arrêter quand tu m’es si connue ?

Je serais insensible, et mes lâches tributs Justifîraient enfin ma honte et tes rebuts?

(Il embrasse don Bernard.)

Adieu, parfait ami, seul à qui sans caprice La cour est généreuse et le sort rend justice.

Un mortel malheureux au point où je le suis Par une illustre mort doit borner ses ennuis ;

Ou, s’il ne perd, au moins doit cacher une vie A tant d’indignités et d’affronts asservie.

(Voyant Lazarille paré de l’écharpe.)

Lâche, de mon affront veux-tu porter les marques?

LAZARILLE

Si vous n’en espérez que de sœurs de monarques,

Et si jamais d’ailleurs nous n’en devons porter.

Nous avons tout loisir d’aller les mériter.

DON BERNARD, voulant retenir don Lope.

Le temps peut tout changer; cependant, cher de Lune, En ma protection bornez votre fortune ;

Si vous vous éloignez, vous ôtez à l’État Sa plus noble défense et son meilleur soldat.

(Don Lope sort avec Lazarille.)

Ecoutez, attendez. O fatale aventure !

De la haine du sort effroyable peinture !

Et leçon importante à ceux qu’il fait puissants,

De se bien soutenir en des pas si glissants !

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