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NOTICE SUR VENCESLAS

ger, et don Philippe n’a jamais à choisir entre son affection paternelle et son devoir de roi. Que reste-t-il donc pour nous émouvoir ? Une rivalité assez banale entre deux vaillants capitaines, amoureux de l’infante. A peine prend-on au sérieux les inoffensives rigueurs d’un édit contre le duel, violé par les rivaux ; d’avance, on est assuré du pardon. Aussi, don Lope de Cardone n’a-t-il point fait oublier Venceslas.

Pendant le dix-septiéme siècle — le registre de Lagrange en fait foi — Venceslas parut souvent au théâtre, et avec succès. Au dix-huitième, il ne perdit rien de sa popularité, accrue même par certains incidents dramatiques. On avait vu Baron, peu de temps avant sa mort, le 3 décembre 1729, se trouver mal sur la scène en prononçant le vers ;

Si proche du cercueil où je me vois descendre...

Trente ans plus tard, en 1759, on devait voir, à la prière de madame de Pompadour, Marmontel rajeunir ou plutôt dénaturer le vieux chef-d’œuvre. En adoucissant la fougueuse passion de Ladislas, il prenait plaisir à développer les pâles amours de Théodore et de Fédeiic. Son dénouement, où Gassandre se frappe d’un coup de poignard, plut à la cour, mais ne plut pas au public. Et il s’étonne, dans ses Mémoires, que ces mutilations aient fait éclater un schisme parmi les sociétaires de la Comédie-Française, et que, de sa propre autorité, Lekain ait osé rétablir le texte, amendé d’ailleurs par Golardeau, faisant ainsi manquer la réplique de mademoiselle Clairon ! Le Mercure de France tenait pour lui : mais, dans V Année littéraire, Fréron lui conseillait ironiquement « de faire corriger, à son tour, par une main habile ses propres drames, qui en ont fort besoin, au lieu de rajuster des pièces qui peuvent se passer de ses raccommodages. »

Sous l’Empire, Venceslas eut un regain de faveur : Monvel jouait le rôle du vieux roi, et Talma celui de Ladislas. Depuis, les reprises ont été rares ; mentionnons seulement celle du 28 juin 1867, où les compatriotes du poète purent applaudir Venceslas, représenté par MM. Maubant, Guichard, Sénéchal, Masset et Mazoudier, mesdames Toraeus, Ponsin et Baretta, le jour même de l’érection de la statue de Rotroii sur la place publique de Dreux.

VENCESLAS

TRAGEDIE

PERSONNAGES

VENCESLAS, roi de Pologne.

LADISLAS, son fils, prince.

ALEXANDRE, infant.

FÉDERIG, duc de Gurlande et favori.

OCTAVE, gouverneur de Varsovie.

GASSANDRIC, duchesse de Gunisberg.

THÉODORE, infante.

LÉONOR, suivante de Théodore. Gardes.

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