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ACTE I, SCÈNE III

FÉDERIC.

Pour lui prouver à quoi mon zèle me convie,

Je voudrais perdre encore et le sang et la vie.

VENCESLAS

Assez d’occasions, de sang et de combats Ont signalé pour nous et ce cœur et ce bras,

Et vous ont trop acquis, par cet illustre zèle.

Tout ce qui d’un mortel rend la gloire immortelle; Mais vos derniers progrès, qui certes in ont surpris, Passent toute créance et demandent leur prix.

Avec si peu de gens avoir fait nos frontières D’un si puissant parti les sanglants cimetières.

Et dans si peu de jours, par d’incroyables faits, Réduit le Moscovite à demander la paix,

Ce sont des actions dont la reconnaissance Du plus riche monarque excède la puissance : N’exceptez rien aussi de ce que je vous dois; Demandez; j’en ai mis le prix à votre choix : Envers votre valeur acquittez ma parole.

FÉDERIC.

Je vous dois tout, grand roi.

VENCESLAS

Ce respect est frivole :

La parole des rois est un gage important.

Qu’ils doivent, le pouvant, retirer à l’instant.

Il est d’un prix trop cher pour en laisser la garde ; Par le dépôt, la perte ou l’oubli s’en hasarde.

FÉDERIC.

Puisque votre bonté me force à recevoir Le loyer d’un tribut et le prix d’un devoir.

Un servage. Seigneur, plus doux que votre empire. Des liammes et des fers, sont le prix où j’aspire ;

Si d’un cœur consumé d’un amour violent La bouche ose exprimer...

LADISLAS

Arrêtez, insolent;

Au vol de vos désirs imposez des limites.

Et proportionnez vos vœux à vos mérites : Autrement, au mépris et du trône et du jour.

Dans votre infâme sang j’éteindrai votre amour ;

Où mon respect s’oppose, apprenez, téméraire,

A servir sans espoir, et soulfrir et vous taire;

Ou...

VENCESLAS

FÉDERIC.

Je me tais, Seigneur, et, puisque mon espoir Blesse votre respect, il blesse mon devoir.

(Il sort avec Alexandre.)

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