‹ Théâtre choisiChapitre 290 sur 375 · VENCESLAS, LADISLAS, OCTAVE · texte numérisé non relu

VENCESLAS, LADISLAS, OCTAVE

VENCESLAS

Prince, vous emportant à ce caprice extrême.

Vous ménagez fort mal Tespoir d’un diadème.

Et votre tête encor qui le prétend porter.

LADISLAS

Vous êtes roi. Seigneur, vous pouvez me l’ôter ;

Mais j’ai lieu de me plaindre, et ma juste colère Ne peut prendre de lois ni d’un roi ni d’un père.

VENCESLAS

Je dois bien moins en prendre et d’un foi et d’un fils. Pensez à votre tête, et prenez-en avis.

(Il sort.)

OCTAVE

O dieux! ne sauriez-vous cacher mieux votre haine?

LADISLAS

Veux-tu que, la cachant, mon attente soit vaine. Qu’il vole à mon espoir ce trésor amoureux,

Et qu’il fasse son prix de l’objet de mes vœux?

Quoi ! Cassandre sera le prix d’une victoire Qu’usurpant mes emplois il dérobe à ma gloire?

Et l’État, qu’il gouverne à ma confusion.

L’épargne, qu’il manie avec profusion.

Les siens qu’il agrandit, les charges qu’il dispense, Ne lui tiennent pas lieu d’assez de récompense.

S’il ne me prive encor du fruit de mon amour.

Et si, m’ôtant Cassandre, il ne m’ôte le jour? N’est-ce pas de tes soins et de ta diligence Que je tiens le secret de leur intelligence?

Oui, Seigneur ; mais l’hymen qu’on lui va proposer Au succès de vos vœux la pourra disposer :

L’infante l’a mandée, et, par son entremise J’espère à vos souhaits la voir bientôt soumise ; Çepepdantj feigne? ipieux, et (J’ua père irrité

Page 1