‹ Théâtre choisiChapitre 310 sur 375 · LES MÊMES; OCTAVE, LADISLAS · texte numérisé non relu

LES MÊMES; OCTAVE, LADISLAS

Eh bien ?

OCTAVE

Ah I Madame I

THÉODORE, à Léonor.

OCTAVE

Sans mon secours le prince rendait Tâme.

THÉODORE

Prenais-je, Léonor, Talarme hors de propos?

LADISLAS

Souffrez-moi sur ce siège un moment de repos; Débile, et mal remis encor de la faiblesse Où ma perte de sang et ma chute me laisse.

Je me traîne avec peine, et j’ignore où je suis.

THÉODORE

h ! mon frère !

LADISLAS

Ah! ma sœur! savez-vous mes ennuis?

THÉODORE

O songe, avant-coureur d’aventure tragique.

Combien sensiblement cet accident s’explique !

Par quel malheur, mon frère, ou par quel attentai Vous vois-je en ce sanglant et déplorable état?

LADISLAS

Vous voyez ce qu’ Amour et Cassandre me coûte.

Mais faites observer qu’aucun ne nous écoute.

THÉODORE

Soignez-y, Léonor.

LADISLAS

Vous avez vu, ma sœur,

Mes plus secrets pensers jusqu’au fond de mon cœur; Vous savez les efforts que j’ai faits sur moi-même Pour secouer le joug de cette amour extrême.

Et retirer d’un cœur indignement blessé Le trait empoisonné que ses yeux m’ont lancé.

Mais, quoi que j’entreprenne, à moi-même infidèle, Contre mon jugement mon esprit se rebelle ;

Mon cœur de son service à peine est diverti Qu’au premier souvenir il reprend son parti,

Page 1