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A.CTE I, SCENE III

Ayant pour subsister une femme à combattre :

Son hymen, dont j’osai contester le dessein,

M’avait couvé longtemps ce projet en son sein ;

Et quand elle peut tout, quand elle est souveraine. Enfin, l’occasion fait éclater sa haine.

Ce trait est un avis, prince, qui parle à vous.

Craignez par mon exemple, et détournez ses coups ; Profitez de ma chute, elle vous doit instruire,

Et, sage, détruisez ce qui vous peut détruire,

Sinon jusque sur vous ce foudre éclatera.

SIROÈS, rêvant et se promenant.

« Mais je périrai, traître, ou mon fils régnera. » Qu’ai-je à délibérer après cette menace?

Quoi ! Mafdesane au trône occupera ma place !

Et l’orgueil de sa mère, abusant à mes yeux De l’esprit altéré d’un père furieux.

Par l’insolent pouvoir que son crédit lui donne.

Sur quel front lui plaira fera choir ma couronne ! Quel crime ou quel défaut me peut-on reprocher Pour disposer du sceptre et pour me l’arracher?

Ma mère, ma naissance, en êtes-vous coupables ?

D’un sort si glorieux sommes-nous incapables? Veut-on, après vingt ans, jusque dans le tombeau Souiller une vertu dont l’éclat fut si beau?

Non, non, le temps, ma mère, avecque trop de gloir Laisse encor dans les cœurs vivre votre mémoire ; C’est un exemple illustre aux siècles à venir,

Que la haine respecte et ne saurait ternir.

Mon crime est seulement l’orgueil d’une marâtre, Dont un fils est l’idole, un père l’idolâtre ;

Et l’hymen, qui l’a mise au lit de Cosroès,

D’un droit héréditaire exclut seul Siroès!

Célestes protecteurs des puissances suprêmes.

Vous, dieux, qui présidez au sort des diadèmes. Souverains partisans des intérêts des rois.

Soutenez aujourd’hui l’autorité des lois.

Et, d’un tyran naissant détruisant l’insolence, Affermissez l’appui d’un trône qui balance.

PALMIRAS, à Siroès.

Mais soutenez-le, prince, et prêtez-y le bras;

Le ciel est inutile à qui ne s’aide pas.

Quand vous pouvez agir, épargnez le tonnerre;

Avant l’aide du ciel, servez-vous de la terre ;

Usez de vos amis, de vous-même et du temps.

COSROÈS.

Et donnez seulement un chef aux mécontents :

Sans peine vous verrez votre ligue formée.

De ce nombre déjà comptez toute Farmée,

A qui la paix, deux fois refusée aux Romains,

Fait d’un juste dépit choir les armes des mains.

Et qui, me préférant au chef que l’on envoie.

Sous main embrassera mes ordres avec joie.

Des satrapes encor tout le corps irrité S’ offre à prêter l’épaule à votre autorité ;

Et tous, unis pour nous de même intelligence,

(i ardent encore à part leurs sujets de vengeance.

En la mort d’Hormisdas les uns intéressés De ce grand attentat sont encore blessés.

Et verraient avec joie et d’une ardeur avide Punir par un second le premier parricide ;

D’autres, dépossédés de leurs gouvernements. Attendent, pour s’ouvrir, les moindres mouvements Et d’autres, offensés en leurs propres familles.

En l’honneur d’une femme, en celui de leurs filles. Trop faibles pour agir, jusqu’à l’occasion Dissimulent leur haine et leur confusion.

Gomme un soleil naissant le peuple vous regarde. Et, ne pouvant souffrir celui qui vous retarde. Déteste de le voir, si près de son couchant.

Traîner si loin son âge imbécile et penchant.

Son esprit, agité du meurtre de son père.

Dedans sa rêverie à tout propos s’altère.

Et, ne possédant plus un moment de raison.

Ne lui laisse de roi que le sang et le nom ;

Le crédit d’une femme en a tout l’exercice ;

Toute la Perse agit et meut par son caprice ;

Et, bientôt, par son fils, quelle va couronner.

En recevra les lois que vous devriez donner.

Juge, en votre intérêt rendez-vous la justice ; Ravissez votre bien, qu’on ne vous le ravisse:

Qui peut insolemment prétendre à votre rang,

Par le même attentat en veut à votre sang.

La reine, qui vous craint, a trop de politique.

Pour laisser un appât à la haine publique Et, vous chassant du trône, oser vous épargner:

Il faut absolument ou périr ou régner.

Avouez seulement les bras qu’on vous veut tendre; Quand on peut prévenir, c’est faiblesse d’attendre. Tout le crédit du roi, de son trône sorti,

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