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SCÈNE III

LES MÊMES; SIROÈS, PALMIRAS, gardes.

SIROÈS

Trêve d’orgueil, princesse, il n’est plus de saison :

La grandeur qui n’est plus n’est plus considérée ; Reine, quand vous l’étiez, je vous ai révérée ;

Sujette, c’est à vous à révérer les rois,

Et, quand je vous commande, obéir à mes lois.

Perfide, après ma place en mon trône usurpée !

SIROÈS

Après ma place au mien justement occupée.

SIRA

Vôtre, un père vivant, et pendant que je vis ?

SIROÈS

Mien, quand vous prétendez y placer votre fils.

SIRA

Si le sceptre est un faix que le roi lui dépose ?

SIROÈS

Si la loi de l’État autrement en dispose?

SIRA

Le roi n’étant point mort, vous n’avez point de droit.

COSROÈS.

SIROÈS

Quittant le nom de roi, c'est à moi qu’il le doit.

SIRA

Il croit servir l’État par cette préférence.

L’État de Tun et l’autre a fait la différence.

SlRA.

Appelez-vous l’État Pharnace et Palmiras?

SIROÈS

Quand on m'a voulu perdre, ils m’ont tendu les bras.

SIRA

Et donné les conseils dont ils vous empoisonnent.

SIROÈS

Il ne me prend point mal des avis qu’ils me donnent.

PALMIRAS.

Sire, l’ordre n’est point de tant parlementer Avec des criminels qu’on prescrit d’arrêter.

SIRA

Criminels? Insolent!

PALMIRAS.

Les injures, Madame,

Sont, dans le désespoir, les armes d une femme,

Et nous font moins de mal que de compassion. Sardarigue, achevez votre commission.

SIRA, à Sardarigue.

Allons, délivre-moi de ces objets funestes,

Ces horreurs de mes yeux, ces odieuses pestes;

N’importe où je les fuie, ils me sont plus affreux Que le plus noir cachot qui m’éloignera d’eux.

Allons.

(Sardarigue et ses gardes emmènent Sira. SIROÈS.

Mon règne naît sous de tristes auspices,

Si je lui dois d’abord du sang et des supplices.

PALMIRAS.

D’un trône où l’on se veut établir sûrement Le sang des ennemis est le vrai fondement.

11 faut de son pouvoir d’abord montrer des marques,

Et la pitié n’est pas la vertu des monarques.

Du droit qu’on vous ravit tout le camp est jaloux ;

Les voix nommant son fils, tous les cœurs sont pour vous. Il faut vaincre ou périr en ce fameux divorce.

Héritier de Cyrus, héritier de sa force.

Qui rendit ce grand roi si craint et si puissant,

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