SCÈNE IV
NARSÉE, SIROÈS, gardes.
NARSÉE.
Apprenez-moi, Seigneur, le nom que je vous doi. Parlé-je à mon amant, ou parlé-je à mon roi?
Et, voyant votre gloire au point où je souhaite.
Suis-je votre maîtresse, ou bien votre sujette?
Quels devoirs vous rendrai-je en cet état pompeux? Vous dois-je mon hommage, ou vous dois-je mes vœux Apprenez-moi mon sort, et, par nos différences.
Réglant nos qualités, réglez mes déférences.
SIROÈS
Votre sort est le mien, notre amour l’a réglé,
Et le bandeau royal ne l’a point aveuglé :
Vos lois font mes destins, et ce cœur ne respire Qu’une sujétion plus chère qu’un empire.
J’estime également ma couronne et vos fers;
Je règne, ma princesse, et, régnant, je vous sers;
L’État me fait son roi, l’amour vous fait ma reine ;
Je suis son souverain, et vous ma souveraine ;
Et mon pouvoir, .accru par le titre de roi.
N’altère point celui que vous avez sur moi.
Voilà nos qualités.
NARSÉE.
Quelle aveugle colère
Vous fait donc oublier que la reine est ma mère ?
SIROÈS
La colère, princesse, ou plutôt la raison Qui me fait de mon père ordonner la prison.
Quelque rang où la Perse aujourd’hui nous contemple. Nous ne pouvons régner sans ce fameux exemple; Nous ne pouvons sans lui jouir de notre amour.
Nous ne pouvons sans lui nous conserver le jour;
Il faut que la nature ou la fortune cède ;