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ACTE III, SCÈNE IV

NARSÉE.

Cette faveur vous coûte trop de peine.

SIROÈS

Non, non, je m’abandonne aux fureurs de la reine, Et ne regarde plus ni le droit qui m’est dû.

Ni le rang que je tiens, que comme un bien perdu; Je vous préfère aux dieux, dont les bontés prospères M’ont voulu conserver le trône de mes pères;

Vous m’en voulez priver, il vous faut obéir,

Et, d’un respect aveugle, avec moi vous trahir.

Je n’ai qu’un seul regret, que mon amour extrême, En hasardant mes jours, se hasarde lui-même,

Et qu’au point du succès dont je flattais mes vœux. L’heur de vous posséder me devienne douteux.

NARSÉE.

Quoi que vous hasardiez, je cours même aventure; Nous aurons même couche ou même sépulture :

De vos vœux, vif ou mort, je vous promets le prix ; L’hymen joindra nos corps, ou la mort nos esprits. Mais, si vous en daignez croire un amour extrême. Je vous réponds du jour, du trône et de moi-même. J’observerai la reine avecque tout le soin Qu’exigeront les lieux, le temps et le besoin,

Et j’ose vous promettre un bouclier invincible En la garde d’un cœur surveillant et sensible.

Qui de vos ennemis vous parera les coups.

Ou qu’il faudra percer pour aller jusqu’à vous.

SIROÈS

Réglez à votre gré la fortune publique;

Usez comme il vous plaît d’un pouvoir tyrannique; Consommez-en ce cœur, sur qui vous l’exercez ;

Il le faut bien souffrir. Gardes, obéissez.

COSROÈS.

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