‹ Théâtre choisiChapitre 356 sur 375 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

SIROÈS, ARTANASDE.

SIROëS, lisant un billet.

« Ce billet est un gage à Votre Majesté (( Qu’elle peut avec confiance « Donner à son porteur une entière créance,

« Et s’assurer sur moi de sa fidélité.

« Palmiras. »

Qu’est-ce, Artanasde?

ARTANASDE.

Ah ! Sire, à la seule pensée De ce fatal rapport, j’ai l’âme encor glacée.

Pour l’exécution d’un complot odieux,

La reine sur mon bras a pu jeter les yeux;

Vous croyant arrêté, cette fière adversaire M’a commis par ma sœur un présent à vous faire : Pour vous voir immoler à son ressentiment Ou, sur votre refus, en être l’instrument,

(Lui montrant le poignard et le poison.)

Ce fer ou ce poison...

O détestable femme !

ARTANASDE.

De vos jours innocents devait couper la trame.

SIROÈS

O dieux !

ARTANASDE.

Et j’en ai l’ordre à dessein accepté.

Craignant qu’un autre bras ne l’eût exécuté.

Elle a pressé ma sœur avec toute l’instance Qui pouvait ébranler la plus ferme constance,

Et nous devions, pour prix de ce grand attentat. Avoir si bonne part aux emplois de l’État Que nous eussions pu tout, et qu’après sa personne Nul n’eût tenu de rang plus près de la couronne.

Page 1