‹ Théâtre choisiChapitre 52 sur 375 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LES MÊMES ; CÉPHALIE, effrayée.

CÉPHALIE.

Quel effroi, quelle horreur, quel bruit, quelle épouvante! Respiré-je le jour? suis-je morte ou vivante?

Ou vais-je? que deviens-je? où sera mon recours?

Le ciel même peut-il m’apporter du secours?

Mais ce grand bruit enfin calme sa violence;

Les cieux ont à la nue imposé le silence :

Cet ordre rétablit mes sentiments perclus.

Et l’horreur du trépas ne m’épouvante plus.

O dieux ! quelle frayeur fit jamais tant de peine?

Et dans quel appareil le ciel visite Alcmène !

Mais qu’aperçois-je? hélas! de quel nombre de corps A le tonnerre accru le triste rang des morts? Amphitryon est mort, et de cette tempête Ses lauriers infinis n’ont pu sauver sa tête ;

La mort les a changés en de tristes cyprès.

Pour le mieux reconnaître approchons-en plus près.

Mon maître, Amphitryon !

AMPHITRYON

Je suis mort. Qui m’appelle?

CÉPHALIE.

Sois bénie, ô Jupin, ta puissance immortelle.

Qui des coups de ton foudre a garanti son sort ! Amphitryon, parlez.

AMPHITRYON

Que veux-tu ? Je suis mort.

CÉPHALIE.

Levez-vous.

AMPHITRYON

Qui me tient ?

CÉPHALIE.

Moi, votre Céphalie.

AMPHITRYON, se levant.

De quels traits, sans mourir, est ma vie assaillie ! Quoi ! je revois le jour?

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