JUNON
Sœur du plus grand des dieux (car ce nom seul me reste), Honteuse, je descends de la voûte céleste.
Et, veuve d’un époux qui ne mourra jamais,
Le fuis puisqu’il me fuit, et lui laisse la paix.
Les maîtresses enfin l’emportent sur l’épouse ;
Elles sont les Junons, et je suis la jalouse.
Il me prescrit la terre et leur marque les deux,
Et du bras qu’il leur tend il me pousse en ces lieux.
Ses premières amours, cette fille profane.
Que dessous les habits et le nom de Diane (Diane qui préside à la virginité)
Ce traître dépouilla de cette qualité.
N’y règne-t-elle pas sous la forme d’une ourse,
Et son mal de son bien ne fut-il pas la source?
Quel fruit eut mon courroux de transformer son corps? Elle occupe le ciel, et m’en voici dehors :