SCÈNE VIII DORVILË, MADAMF DE SAINT-PHAR
DORVILB*
Un grand projet, ma sœur; voilà mon château vendu; cela nous. donne le temps de respirer. Marcelin est jeune encore, il n'est pas sot, il a de l'éducation, il ne lui manquait que de la fortune; ftnï deux mots, je veux l'amener à vous épouser.
MAD^JffB OE SAINT^PHAA.
Quoi? moi!
DORVILi.
Oui, vous; rien de plus naturel que de s'associer à son beau-frère, et je rétablis ma fortune.
ACTB II, SCÈNE Vilî. S5t)
MADAME DE SAINT-PHAB
Y pensez-vousV
DORVILÉ.
Pourquoi donc pas? Il est riche, il est aimable, il est bon.
MADAME DE SAINT-PHAR
En vérité^ mon frère, voilà uDe idée d*uae extravagance...
Ne vous trouvait-il pas charmante tout à l'heure 1 Quoique moins riche que lui, ne jouissez-vous pas d'une certaine fortune, puisque vous retrouvez tous vos fonds par la vente de mon château? Tout neuf et étranger dans le monde, pour se familiariser avec sa richesse, ne lui faut-il pas une femme qui sache gouverner, régler, recevoir et dépenser nonorablement?
MADAME DB SAINT-PHAR
C'est possible... mais la proposition est d'une brusquerie... Et sa petite Georgette?
DORVILÉ.
Fi donc! une paysanne, la fille d'un jardinier 1 il lui fera du bien, il l'établira, et il vous épousera.
MADAME DE SAINT-PHAR
Mais point du tout; vous rêvez, je crois. Marcelin peut avoir beaucoup de qualités, mais vous entendez bien que je ne peux pas me mêler de cette afîaire-là.
DORVIUS.
Eh! non, laissez-vous conduire; je me charge de tout. L'ami Valberg pourra nous aider; il va venir dîner avec nous ; il est d'une adresse 1 et dévoué comme il l'est à nos intérêts...
MADAME DE SAINT-PHAR
Oui, ne parlant jamais que d'âme et.de sentiment.
DORVILé.
Précisément, il y a de quoi séduire Marcelin.
MADAME DB SAINT-PHAR
Je n'aime pas votre Valberg ; je voulais rompre avec lui : je conçois qu'il peut vous être utile...
DORVILIÎ.
C'est cela : on se brouille avec les gens quand on n'en a pas besoin ; on s'en rapproche quand
960 LB8 HARIONNBTTES.
ils peuvent servir. Justement le voici ; il faut lui dire franchement tout ce qui nous arrive.
MADÀMB OK SAINT-PHÂR.
Mon frère est d'une vivacité I